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Cuba d'Est en Ouest : de Trinidad à Vinales

Depuis ce matin les enfants sont tout excités, nous avons emprunté la route pour le parc national de la péninsule de zapata et ses crocodiles. Nous trouvons que la ferme d'état ne paye pas de mine par rapport à celle pour touristes de l'autre côté de la route. Mais nous ne regretterons pas notre choix. Le gardien fort sympathique pose un crocodile dans la main de Mathis.

Il est fier et heureux à la différence de sa soeur qui paniquée jette en l'air ce pauvre reptile. Cette ferme élève deux sortes de crocodiles le rhombifer (cocodrilo) originaire de l'île et l'Acutus (caiman) que l'on trouve dans les zones tropicales d'Amérique. Le guide prend le temps de nous expliquer les différents stades de l'élevage. Avant la mise en place de ce programme en 1962 les 2 espèces frôlaient l'extinction. Aujourd'hui l'élevage fournit les crocodiles pour la réintroduction, pour la viande et pour la maroquinerie. 
Le parc est déclaré réserve de la biosphère de l'UNESCO depuis 2001. Cet écosystème marécageux abrite une faune et une flore très riche. L'éco-tourisme se développe au grand bonheur des ornithologues amateurs ravis de pouvoir observer des hérons, ibis, grues, faucons, colibris....mais pas sans l'inconvénient des nuées de moustiques. Ils vous poursuivront dans la lagune del tesoro mais aussi jusqu'à la baie des cochons tristement célèbre.

Pour l'instant nous avons rencontré peu de touristes à part quelques bus à Trinidad ou à Santa Clara, la ville du Che, la figure emblématique du pays. Nous les retrouvons tous à Varadero. Nous avons choisi la ville de Matanzas pour nous loger, mais si près de LA plage par excellence nous ne pouvons résister. Après avoir passé le péage (2$) où seul les cubains munis d'un pass peuvent entrer, nous nous allongeons sur une magnifique plage de sable blanc pas encore couverte de touriste, il est trop tôt (9H). Nous rentrerons chez Margerita et Roberto juste à temps pour le barbecue de poisson grillé. La route des plages de l'Est jalonnée comme les autres de panneaux de propagande, est plutôt tristounette avec ses dericks de pompage de pétrole ça et là.

L'arrivée à la havane nous laisse perplexe, des immeubles presque en ruines, des maisons délabrées mais de jolies américaines et une vie bouillonnante..... Nous nous arrêtons 3 jours dans la ville qui fût l'ultime étape des navires espagnols sur la route des Indes avant leur retour en Europe. Depuis qu'elle est classé au patrimoine de l'UNESCO la ville fait peau neuve pour les touristes. Les façades sont ravalées, mais derrière il n'y a plus personne, les habitants vont s'entasser plus loin dans des immeubles délabrés. Le cœur de la Havane deviendrait-elle un décor de cinéma ?

La vie quotidienne des Havanais est difficile. Les jeunes arpentent les rues pour vendre des cigarettes à l'unité, des journaux, des fleurs. Des grand-mères posent pour des photos avec un cigare à la bouche et de grosses fleurs dans les cheveux. Les bâtiments écroulés qui ne sont pas reconstruits servent de place pour les joueurs de dominos.
Le célèbre Malecon est le lieu de rencontres par excellence. Les familles, les amoureux y déambulent, les musiciens jouent de la salsa comme de la cornemuse. Sur la place de la cathédrale le restaurant se met sur son 31 pour recevoir un mariage. Les fauteuils sont habillés de rose et de blanc, des fleurs s'étalent sur les tables quand une mariée arrive voile au vent dans une magnifique cadillac décapotable.

Dans la rue adjacente nous rencontrons des jeunes filles qui fêtent leur Quinceañera, leur 15 ans, ou le passage de l'enfance à la femme. La cérémonie commence par une messe avec toute la famille. La jeune fille dépose en sortant de l'église son bouquet à la vierge Marie, puis toute la famille et les amis se rendent à la fête. C'est l'occasion pour les jeunes filles de jouer les stars. Elles portent différentes tenues, de la plus sexy à la plus princesse meringue et font un "book" de photographies. Dans toutes les familles où nous sommes passées il y avait toujours un album photo à regarder. L'évènement est tellement important que certaines familles se privent pendant des années pour offrir ce jour de rêve à leur fille.

 

Nous reprenons la route vers Pinar del rio puis Vinales. Néné et son mari nous logent dans une jolie petite chambre. Le jardin sert de terrain de jeux aux enfants et de lieu de détente pour nous. Nous rencontrons facilement les voisins, qui amènent Mathis et Lunagaïa faire du cheval. Je profite d'une de leurs siestes pour faire cuire le café au feu de bois chez la voisine. Néné est vite adoptée par les enfants qui l'appelle mamie. Elle les gâte de papaye, de mangue, de jus de goyave du jardin. Son mari est agriculteur et cultive du tabac, tout comme des fruits et des légumes. Des volailles et des cochons sont élevés pour améliorer l'ordinaire.
Nous aurons droit au canard à l'ananas du jardin, un vrai délice.

Il est content d'être paysan parce que l'Etat lui achète toute sa production, il n'a donc aucun souci pour ses récoltes mais ne peut discuter le prix. Il nous amène sur ses terres et nous fait visiter son séchoir à tabac. Les feuilles sont minutieusement triées et mises à sécher sur des claies plus ou moins en hauteur en fonction de leur taille et de leur temps de séchage. Puis il les emballent et les transportent jusqu'à la fabrique de tabac. Celle-ci n'est pas visitée par les touristes et nous ne pouvons y accéder que grâce à lui. Là, les femmes travaillent sans la lecture règlementaire des grandes fabriques de cigares de Pinar del rio. Elles trient à longueur de journée des feuilles par taille, par qualité et enlève la nervure centrale. Par la suite les feuilles sont mises sous presses puis emballées de nouveau pour la fabrique de cigares. Lorsque je demande combien de temps elles travaillent une d'elles me répond qu'elle ne peut le dire.

Nous faisons de magnifiques balades entre champs et végétation, avant de nous rendre à Maria la Gorda. La route pour ce bout de l'île est parfois difficile entre piste et nid de poule et nous faisons un arrêt baignade au cayo jutia. Après avoir bravé une attaque de crabes rouges sur la route, failli écraser des lézards, des iguanes, nous voilà au bout du monde. Nous logeons au bord de l'eau dans un magnifique bungalow. Il n'y a pas de village, pas de commerce, rien à part du sable et une eau turquoise. Le lieu est réputée pour ses plongées sur des tombants de corail noirs et ses failles profondes. Les enfants avec masque et tuba trouve Némo et Dori, le paradis. Mathis malheureusement croisera aussi un banc de minuscules méduses urticantes, souvenir cuisant !





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Dernière mise à jour : ( 11-08-2009 )
 
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